Par Ghonda Nounga
Membre du bureau politique du Manidem
Dans une conférence de presse en 1961,
reprenant les thèses niaises de Senghor, son ami et mentor intellectuel,
Ahmadou Ahidjo déclarait qu’en Afrique, il n’y a pas de classes sociales et par
conséquent, point de luttes de classes. Inutile de dire qu’il tentait par-là de
contredire le discours des militants de l’UPC et des combattants de l’ALNK. Mais
à quoi Ahidjo attribuait-il donc le formidable acharnement des Kamerunais dans
leur lutte contre le colon ? Certainement pas à la volonté chez ces
Kamerunais de défendre les intérêts matériels et moraux des déshérités en quoi
la colonisation les avait transformés. Peut-être, et c’est beaucoup plus plausible,
à quelque tumulte inexplicable dans la fameuse « âme nègre. » Comme
on le sait, un dictateur, c’est d’abord un ignorant !


