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Sep 5, 2012

Manifeste pour un front des forces progressistes et panafricanistes révolutionnaires



Par Ghonda Nounga
Membre du bureau politique du Manidem

Dans une conférence de presse en 1961, reprenant les thèses niaises de Senghor, son ami et mentor intellectuel, Ahmadou Ahidjo déclarait qu’en Afrique, il n’y a pas de classes sociales et par conséquent, point de luttes de classes. Inutile de dire qu’il tentait par-là de contredire le discours des militants de l’UPC et des combattants de l’ALNK. Mais à quoi Ahidjo attribuait-il donc le formidable acharnement des Kamerunais dans leur lutte contre le colon ? Certainement pas à la volonté chez ces Kamerunais de défendre les intérêts matériels et moraux des déshérités en quoi la colonisation les avait transformés. Peut-être, et c’est beaucoup plus plausible, à quelque tumulte inexplicable dans la fameuse « âme nègre. » Comme on le sait, un dictateur, c’est d’abord un ignorant ! 

Aug 25, 2012

Rene Sadi: Jacobin to the core!

By Tazoacha Asonganyi 

The German philosopher and sociologist Jürgen Habermas tells us that there are two schools of natural law: the Anglo-Saxon and the Continental. The Anglo-Saxon school is optimistic and believes that the natural is good and can be “corrupted” or “deformed” by an external intervention. The task of politics is to restore society to its natural freedom – a freedom that society itself is best placed to administer.  

In contrast to the above, the Continental (French) school of natural law begins from the premise of a corrupted society which must be guided by a state which can impose upon “disorganised” society; power is exercised to influence society in a “positive” or “corrective” manner.  

It is in the exercise of this concept of state power that the Jacobins emerged in France during the French revolution, guided by the principles of Continental natural law to prosecute a revolution they saw as the rational transformation of society by the state. Constitutions like those of Cameroon are directed by Jacobinism and provide a central place for power which is exercised to achieve state-led initiatives. Such constitutions contrast with those in which the place of power remains unoccupied, with checks and balances ensuring that strong institutions of power control and complete each other. 

Apr 1, 2012

RDPC, le monstre en bout de course

(contribution bénévole à la fête du 24 mars)


Par Ghonda Nounga et Faustin Cabral Bekolo


Dans une interview reprise par divers fora kamerunais à la veille du dernier congrès du RDPC, M. Tobie Ndi récidive et rêve à nouveau de remplacer M. Paul Biya à la tête de leur parti. Et il dit, à haute et intelligible voix (oh le téméraire !), que son parti doit «devenir ce véritable cadre de débats où l'on pense plus que l'on ne danse, afin de recouvrer véritablement son rôle de force de proposition, d'évaluation et d'autocritique dans l'accompagnement du pouvoir dont les responsables sont issus de ses rangs. Enfin, il est temps de dessiner les options d'une relève au sommet du parti. » Surprenante lucidité dans une organisation où l’on danse davantage qu’on ne pense ! (Dixit le chef même du parti). 

Nov 15, 2011

La nécessaire clarification

Par Abanda Kpama
Président National du MANIDEM

L’Histoire se répète. Le tir groupé des partisans du régime néocolonial, des intellectuels petit-bourgeois et curieusement, de certains partis politiques autoproclamés progressistes et dont l’activité aujourd’hui se réduit à l’invective et à la sortie de communiqués dans les journaux, ce qui cache mal leur inertie et leur immobilisme, ce tir groupé contre les partis politiques ayant participé à la dernière élection présidentielle, ressemble fort étrangement à la situation qui a prévalu après les assassinats de Um Nyobe en 1958 et de Ouandié en 1971.

Nov 3, 2011

De la dialectique comme outil d’analyse et de lutte politiques

Par Ghonda Nounga
(Exposé fait devant le Bureau politique du Manidem le 29 octobre 2011)

I. INTRODUCTION

Il y a deux manières de voir le monde, ce qui signifie également qu’il y a deux manières d'appréhender «la» politique (comprise comme «l’ensemble des options prises par les gouvernants d'un pays dans les divers domaines de leur autorité, et comprise également comme la manière de gouverner» – démocratie, dictature, etc.) et «le» politique («ce qui relève de l'exercice du pouvoir dans l'État, ou ce qui est théorie générale de cet exercice»).

La première manière de voir le monde est dite «métaphysique». Elle fige et pétrifie la nature et ses réalités. Ses productions peuvent être assimilées à une série de simples photographies à deux dimensions étalées sur la longue table de l’éternité, sans véritable lien entre elles.

La deuxième méthode d’appréhension du monde et de ses réalités est la méthode «dialectique», que nous examinerons plus en détail, et dont les productions peuvent être comparées à un long film infini permettant de voir le monde dans son mouvement.

May 3, 2011

Kamerun : l’Etat fascisant

Par Ghonda Nounga

La répression exagérément brutale des émeutes de février 2008, qui indiquaient clairement le rejet du régime de M. Biya par les populations kamerunaises, a montré au grand jour la nature essentiellement violente d’un Etat qui, depuis la fin des années de braises (1990-1994), affichait un visage faussement débonnaire. Nous en étions, jusqu’en ce fameux mois de février 2008, à une dictature “molle” (ou “conviviale”, selon le mot d’Anicet Ekane). Et nous en sommes à nouveau, comme aux temps d’Ahidjo, à des formes plus rigoureuses de violence physique, et de harcèlement idéologique et psychologique.