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Sep 25, 2012

Minuit - Chant d’espoir (poème)

Par Ghonda Nounga
[Extrait de Nausées tropicales, 1978] 

Il est minuit.
Un ange dégringole du ciel en boitillant.
A la roue dentelée du Char des Dieux
Il a sans gloire accroché son auréole cramoisie.
 
Point de trône pour Gabriel
dans l’enfer au pied du Mont Kamerun ! 

Il est minuit
l’heure du démon que la peur de la lumière tyrannise.
Et ceux dont la vie a vaincu les flots pétulants de l’espoir
à ses pieds tombent
et déposent une gerbe sanguinolente. 

Or demain très tôt
Minuit dégringolera de son piédestal
car il ne peut être minuit à toutes les heures du jour.

En attendant demain
il est minuit
où se fige la parturition de mon âme
et je continue de moissonner des lucioles éphémères.
 

Jan 13, 2012

Acte de reniement (Poème)

Par Ghonda Nounga

(extrait de Nausées tropicales, 1978)

Je renie ma tribu et m’en détourne
et mes jambes
vite
très vite
s’enfuient de ces lieux où l’esprit s’enlise.
De l’enclave aux esclaves
je n’emporte que mon chant et mon poème
le chant de la liberté
le poème de l’homme.

May 25, 2011

Mains vides (poème)

Par E. J. Atangana (30 mai 1955)

Ce poème, publié en 1955 dans un journal à Yaoundé, évoque la répression qui s’abattait déjà sur les populations kamerunaises réclamant l’indépendance de leur pays, bien avant l’interdiction de l’UPC le 13 juillet 1955. Il y a là comme un avant-goût macabre des horreurs sans nom que subiront les Kamerunais à partir de ce mois de juillet 1955 quand Paris donnera une caution officielle à la barbarie.

« ... Mais hélas !
En réponse à la supplique
De ces hommes
Qui, sans armes ni bâtons,
Ni bouteilles, ni machettes,
Mains vides chantaient l’hymne national,
C’est la mitraille qui crépita,
Semant la mort et laissant le vide,
Dans les rangs, dans les familles,
Dans les villes et dans le pays.
Sans armes ni bâtons, ils étaient mains vides,
Mains vides,
Toujours mains vides,
Lâchement assassinés,
Ils moururent les uns après les autres,
Par dizaines et par centaines,
Ils moururent nombreux,
Sans armes ni bâtons,
Ni bouteilles, ni machettes,
Ils étaient mains vides,
Mains vides, ils furent abattus
Mains vides, ils sont morts... »