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Feb 27, 2013

M. Paul Biya d’un discours à l’autre

Par Albert Moutoudou Secrétaire général de l’UPC 

- 31 décembre 2011 : « Nous voici au seuil de la première étape de notre « longue marche » vers l’émergence »
- 31 décembre 2012 : « Nous avançons résolument dans la voie de l’émergence » 
Le Cameroun n’était qu’un pays sous-développé, pudiquement désigné pays en développement par la langue du politiquement correct. A partir du 31 décembre 2011, M. Biya décréta que le pays se trouvait désormais sur le seuil de l’émergence. Comment aura-t-il préparé ses compatriotes à réussir ce bond qualitatif ? Il fait des annonces : Lom Pangar, le port en eaux profondes de Kribi, etc., laissant entrevoir des réalisations qui nous mènerons droit dans le camp des émergents que sont le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde, la Russie. Doit-on rappeler que ces pays émergents le sont devenus à la faveur de circonstances particulières qui, à part le cas de l’Inde qui est une vieille démocratie, ont en commun ceci : c’est D’ABORD l’abolition des dictatures (ou de l’apartheid qui en tenait lieu en Afrique du Sud), et des oligarchies locales et étrangères accomplissant leur besogne de prédation à l’abri de ces dictatures, qui fut le mouvement décisif des transformations d’Afrique du Sud et du Brésil tout autant que du changement de cap en Russie ? Dans le cas du Brésil par exemple la succession des dictatures militaires engluées dans une corruption larvée fut l’occasion de pomper et de brader le pays pendant des décennies. Et, depuis l’avènement de la démocratie qui a d’ailleurs permis de porter une femme à la tête du pays aujourd’hui, madame Dilma Roussef, le Brésil est au sixième rang économique. 

Feb 1, 2013

Kamerun : le défi de l’industrialisation

Abanda Kpama
Par Abanda Kpama 
Président National du Manidem 

Une voie sans issue

Le discours du 31 décembre 2012 de M. Paul BIYA, chef de l’Etat, a semblé indiquer qu’il avait enfin pris la juste mesure du défi du développement qui se pose à notre pays. Le chef de l’Etat indique clairement et pour la première fois que l’industrialisation est le levier du développement du Kamerun. M. BIYA a raison. Il n’existe pas dans l’Histoire de l’Humanité, un pays qui se soit développé sans s’industrialiser. On peut d’ailleurs affirmer que seuls les pays industriels peuvent être considérés comme des pays développés. La production industrielle de biens et de services basée sur la mise en œuvre de la technologie issue de la recherche scientifique est le gage du développement des Nations. Reste donc à définir la voie qui mène à l’industrialisation. La voie, suggérée par le chef de l’Etat, est sans issue, elle conduit à l’échec. Cette voie, c’est celle que nous empruntons depuis l’époque coloniale et qui est reconduite depuis 1960 par M. AHIDJO et aujourd’hui par M. BIYA. Cette voie, c’est celle que les patriotes et les progressistes kamerunais qualifient d’extravertie. Elle consiste à baser le développement du pays sur la production intensive des matières premières agricoles, forestières et minières et à les exporter à l’état brut pour engranger les devises. Celles-ci sont alors supposées servir à un début d’industrialisation, c’est du moins ce qu’affirme M. BIYA. Tous les pays sous-développés économiquement qui ont expérimenté cette politique-là sont restés sous-développés. Et ce, même quand ces pays regorgeaient d’immenses richesses naturelles. Les exemples les plus frappants sont les monarchies moyenâgeuses du Moyen-Orient et en particulier l’Arabie Saoudite et plus près de nous, le Gabon et la Côte-d’Ivoire. Sous la dynastie des Fayçal comme sous Bongo-Père et sous Houphouët-Boigny tous les trois pays sus-cités ont exporté pétrole, bois et cacao en quantité et ont engrangé des montagnes de devises ; malgré tout, ces pays sont demeurés sous-développés et la plus grande partie de leurs populations vit dans le dénuement et la misère. A contrario, les pays sans ressources naturelles comme la Corée du Sud, le Vietnam, la Malaisie et bientôt l’Ethiopie se classent parmi les pays émergents ou en voie de l’être et s’industrialisent grâce à des politiques économiques basées sur l’acquisition des technologies et la formation scientifique et technique de la jeunesse.

Jul 25, 2012

Suppression de la subvention aux produits pétroliers : Position de l’intersyndicale du Cameroun

Suite au projet du gouvernement du Cameroun de  supprimer la subvention aux produits pétroliers et de revoir à la hausse le prix des hydrocarbures a la pompe :

 L’intersyndicale du Cameroun dit : 
  • non à l’augmentation du prix du litre de carburant à la pompe
  • non à l’augmentation des prix des denrées de première nécessité
  • non à plus de paupérisation des travailleurs et des populations
  • non à la gabegie et à l’utilisation abusive des fonds publics
  • oui  à une réduction  du prix du litre de carburant  a la pompe
  • oui à un relèvement substantiel du SMIG
  • oui à l’augmentation des salaires dans la fonction publique
  • oui à la suppression des bons de carburant
  • oui à la suppression des droits universitaires dans les universités  d’Etat
  • oui au retour dans l’économie des fonds  publics détournés

Mar 28, 2011

Les objectifs du Millénaire pour le développement et l’environnement économique des pays africains

Par Abanda Kpama Pierre

Adoptés en septembre 2000 par 191 Etats membres de l’ONU, les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), étaient censés organiser la solidarité de la « communauté internationale » autour des pays dits en développement encore appelés « pays pauvres », pour permettre à ces derniers d’atteindre, avant 2015, les huit objectifs suivants :
  1. Entre 2000 et 2015, réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour et la proportion de la population qui souffre de la faim.
  2. Assurer l’éducation primaire pour tous à l’horizon 2015
  3. Eliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire.
  4. Réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, entre 1990 et 2015.
  5. Réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle entre 1990 et 2015
  6. D’ici à 2015, stopper la propagation du VIH/sida et commencer à inverser la tendance ; maîtriser le paludisme et d’autres grandes maladies, et commencer à inverser la tendance.
  7. Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales ; inverser la tendance à la déperdition des ressources environnementales.
  8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Cinq ans après le lancement de l’initiative OMD, le bilan montra clairement l’impossibilité d’atteindre les objectifs fixés, notamment pour les pays africains. Nous sommes dix ans après, le constat est sans appel : en dehors de la réduction du taux de propagation du VIH SIDA, aucun des sept autres objectifs fixés en 2000 ne sera atteint en 2015. Que s’est-il donc passé ? Les idéologues néolibéraux et leurs admirateurs disséminés dans nos contrées tropicales répètent à qui veut les écouter que la crise économique mondiale a empêché la réalisation des OMD. Il reste à nous expliquer pourquoi la même crise n’a empêché ni la Chine, ni le Vietnam, ni l’Inde, ni le Brésil, ni le Venezuela, sans parler de Cuba qui avait déjà atteint les objectifs du millénaire avant 2000, de sortir de la pauvreté et de construire des Etats et des économies viables, solides et en progrès.

Les causes de l’échec

En réalité, les OMD étaient plombés dès le départ. Les économies des pays dits pauvres sont insérées dans le système capitaliste mondial, non pas en tant qu’économies partenaires, mais plutôt comme économies de sous-traitance. Le rôle qui est assigné aux pays dits pauvres est celui de pourvoyeurs de matières premières bon marché, de main d’œuvre « gratuites »aux fins d’alimenter les industries occidentales et notamment les multinationales et de les rendre compétitives. Toute acquisition et maîtrise de technologie, toute industrialisation d’un pays dit pauvre est fortement combattue par l’Occident capitaliste. Un pays capitaliste qui partagea avec l’Angleterre le rang de première puissance économique au 19e siècle, a même réussi l’exploit de faire adopter sa monnaie par 14 Etats africains, dépouillant ainsi ces derniers de leur souveraineté monétaire. Des économies aussi fragiles qui ne génèrent que faible croissance, alimentent plutôt la pauvreté et le non-développement. Penser que de tels pays puissent promouvoir le bien-être de leurs populations était donc un leurre. A moins d’imaginer que « l’aide internationale » ou encore « la communauté internationale », concepts creux qui traduisent la duplicité et l’hypocrisie occidentales, sont à même de financer le développement économique de nos pays. L’Histoire malheureusement ne donne pas d’exemple de pays qui se soit développé économiquement grâce à l’aide de « la communauté internationale ». Tous les pays qui se sont développés en dehors des Etats coloniaux qui ont pillé les richesses des pays dominés, ont suivi une voie endogène, s’appuyant sur leurs ressources matérielles et humaines intérieures d’abord.

L’on comprend pourquoi la démarche qui a consisté à aligner les OMD sur la solidarité internationale était saugrenue. L’impulsion aurait dû venir des Etats eux-mêmes. Or, crise ou pas crise, le constat que l’on peut faire sur l’état des économies des pays africains est accablant. La quasi-totalité des pays africains ont régressé. A quelques exceptions près, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé et à l’éducation concerne une minorité de la population. La majorité se débat dans l’extrême précarité et ce n’est pas un hasard si l’espérance de vie dépasse à peine les 50 ans alors qu’il atteint 70 ans dans le reste du monde. Un petit pays comme Cuba réussit à faire vivre ses citoyens plus de 70 ans, instruit 100% de ses jeunes citoyens, offre de l’eau potable, de l’électricité et des soins de santé qui sont d’ailleurs gratuits à 100% de ses citoyens ! A contrario, si l’on prend l’exemple d’un pays comme le Kamerun qui est doté d’immenses richesses naturelles, il est classé à la 171e place sur 183 sur l’échelle IDH (indice de développement humain classement 2009) ; l’eau potable et l’électricité n’y sont accessibles qu’à la moitié de la population, l’espérance de vie est de 51 ans, les soins de santé sont payants, et donc inaccessibles à la majorité de la population, on compte 1 médecin pour 20 mille habitants.

L’échec des OMD était prévisible. On s’est attaqué aux conséquences et non à la cause du problème. Or de quoi s’agit-il ? Nos pays sont enserrés dans la mondialisation néolibérale et n’ont donc que très peu de marge de manœuvre. Les grands pays capitalistes : USA et Union Européenne et notamment la France, utilisent les bras armés que se sont la Banque Mondiale, le FMI, l’OTAN et la CPI pour bloquer toute tentative d’émancipation des pays dits pauvres. Dette, plans d’ajustement structurels (PAS), facilités d’ajustement structurels renforcés (FASR), accords de libres échanges, immigration choisie, tout est inventé et mis en œuvre pour dominer nos pays et les maintenir dans le sous-développement économique et social. Certains pays capitalistes occidentaux comme la France et les USA vont jusqu’à fomenter des coups d’Etat, des guerres et des assassinats de leaders politiques indociles pour placer à la tête de nos Etats des mercenaires à la solde de l’Occident. Ce fut le cas au Congo-Kinshasa avec l’assassinat du grand dirigeant panafricaniste Patrice-Emery Lumumba le 17 janvier 1961 par les Américano-belges via la CIA et l’installation du dictateur sanguinaire Joseph-Désiré Mobutu. Ce fut encore le cas en 1958 et en 1960 au Kamerun avec les assassinats de Ruben Um Nyobe et de Félix Roland Moumie par l’armée et les espions français et l’installation du dictateur sanguinaire Ahmadou Ahidjo. Ce fut encore et toujours le cas au Gabon, en RCA, au Tchad, au Congo-Brazzaville avec le débarquement et le soutien de l’armée française pour imposer à la tête de nos Etats des dictateurs fantoches, totalement acquis aux intérêts de l’Occident.

Embrigadement économique, coercition politique se conjuguent pour étouffer toute tentative d’émancipation de nos Etats. Dans un tel contexte, l’initiative qui a donné naissance aux OMD ne doit être comprise que comme une énième tromperie de la « communauté internationale » à l’endroit des pays et peuples dits pauvres. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler que des esprits nobles, ont, bien avant l’an 2000, proposé que chaque pays industrialisé dont la richesse actuelle est le fruit de l’exploitation des richesses et des peuples de pays tiers, que chaque pays industrialisé donc, consacre 1% de son PNB (produit national brut), d’autres disant PIB, pour l’aide au développement des pays « en voie de développement ». Aucun pays industriel n’a approché ce chiffre de 1%. La France qui est l’un des pays qui exploite le plus de l’Afrique a atteint 0,7% ! Ni les USA qui ont bénéficié de 400 ans de travail gratuit des Africains emmenés comme esclaves en Amérique, ni la Grande-Bretagne, grand pays colonial du 19e et 20e siècle, ni l’Allemagne Fédérale, première puissance économique européenne, ni le Canada, ni le Japon, ni les pays scandinaves n’ont pu affecter 1% de leur richesse aux autres peuples de la planète terre pour soulager leurs misères. L’aide au développement est un bluff et aucun pays africain ne sortira du sous développement en comptant sur cette aide. Les objectifs du millénaire ont échoué. Ils ne seront atteints dans aucun domaine. Reste donc à en faire le deuil et à penser à une autre solution.

Indépendance politique, rupture économique et panafricanisme

Pour sortir de la nuit noire, les peuples africains n’ont qu’une et une seule issue : lutter pour conquérir leur véritable indépendance afin de se réapproprier leur destin. Les exemples ivoirien et tunisien doivent inspirer les autres peuples africains. Nous avons le choix entre baisser les bras et demeurer esclaves, ou lutter avec opiniâtreté pour conquérir notre liberté et notre souveraineté. Nous devons lutter sans relâche, avec une détermination sans faille pour conquérir le droit de disposer de nos richesses, de décider nous-mêmes de notre avenir, de choisir en toute liberté et transparence nos institutions et nos dirigeants, de parler nos langues si riches et si belles, de nous approprier notre culture qui traduit notre vision du monde. Nous devons lutter pour tuer le néocolonialisme dont la françafrique n’est qu’une forme hybride particulièrement nocive. Ce combat est difficile parce que nous le menons étant éparpillés et dispersés. C’est pour cette raison que sa finalité doit être l’unité de l’Afrique. Unité économique, unité politique. Africa must unite, clamait le grand musicien Bob Marley. Unie, l’Afrique pourra alors rivaliser avec les autres continents que sont les USA-Canada, la Chine, le Brésil, la Russie, l’Union Européenne, l’Inde, l’Australie-Nouvelle Zélande, le Golfe Arabo-Persique. Et c’est cette Afrique là, unie politiquement et économiquement, qui permettra le plein épanouissement de nos peuples, réalisant au centuple les objectifs du millénaire. Ainsi sera réalisé le grand rêve d’Osagyefo Nkwame Nkrumah, Patrice-Emery Lumumba, Ruben Um Nyobe, Félix Roland Moumie, Modibo Keita, Gamal Abdel Nasser, Cheik Anta Diop, Amilcar Cabral etc. afin que l’Afrique rayonne de mille lumières.