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Aug 30, 2012

Anicet Ekane analyse la trajectoire de certains acteurs politiques camerounais (interview)


Propos recueillis par Jean-Bruno Tagne et Yelva Sambha’a (Le Jour du 29 août 2012) 

Pensez-vous que ceux qui ont cheminé avec le président Biya sont disqualifiés de la course à sa succession ? 

Le problème n’est pas d’avoir été au Rdpc ou d’avoir participé au gouvernement. Le problème est de savoir si on est un opposant structurel, c’est-à-dire par rapport à la structure néocoloniale du régime ou du pouvoir ou un opposant conjoncturel au sein de la grande famille de l’Union camerounaise. Ce qui caractérise justement ce terme de l’opposition c’est qu’il englobe tout, c’est-à-dire des opposants au système néocolonial qu’on retrouve généralement dans la grande famille patriotique et les autres opposants au régime de Paul Biya. Mais, ceux-ci, sur le plan idéologique et sur le plan de la trajectoire politique se retrouvent en réalité dans le camp du Bloc démocratique camerounais, c’est-à-dire des personnalités ou des groupes politiques qui considèrent que ce n’est pas le système néocolonial qui est la cause fondamentale des problèmes du Cameroun, mais la bonne gouvernance. 

Aug 28, 2012

Politique et tribalisme

Moukoko PrisoPar Moukoko Priso 

Conférence à l'occasion de "La Campagne Semaines Pascales 2000" (avril-juin 2000) - Texte repris de : http://www.wagne.net/csp/csp2000/contributions_2000/moukoko_priso.htm

Le thème "Politique et Tribalisme" me semble très complexe, délicat et même risqué pour quiconque veut en parler librement et sans détour. J'ai été sollicité pour en parler avec vous à l'occasion de "La Campagne Semaines Pascales 2000". Si j'ai accepté le risque, c'est pour plusieurs raisons dont la principale pour moi est la suivante : la question du tribalisme est d'une importance capitale dans le Kamerun et dans l'Afrique d'aujourd'hui ; or si nous ne faisons nous-mêmes rien pour affronter et résoudre les problèmes, même les plus difficiles, qui se posent à nous, personne d'autre ne le fera à notre place, et alors, rien ne changera dans nos sociétés. Si ma mémoire est bonne, je crois que c'est Saint Augustin qui a dit quelque part, "celui qui t'a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi". Je veux comprendre dans cette phrase, un appel pour que nous fassions aussi nous mêmes quelque chose pour être sauvés.

Aug 25, 2012

Rene Sadi: Jacobin to the core!

By Tazoacha Asonganyi 

The German philosopher and sociologist Jürgen Habermas tells us that there are two schools of natural law: the Anglo-Saxon and the Continental. The Anglo-Saxon school is optimistic and believes that the natural is good and can be “corrupted” or “deformed” by an external intervention. The task of politics is to restore society to its natural freedom – a freedom that society itself is best placed to administer.  

In contrast to the above, the Continental (French) school of natural law begins from the premise of a corrupted society which must be guided by a state which can impose upon “disorganised” society; power is exercised to influence society in a “positive” or “corrective” manner.  

It is in the exercise of this concept of state power that the Jacobins emerged in France during the French revolution, guided by the principles of Continental natural law to prosecute a revolution they saw as the rational transformation of society by the state. Constitutions like those of Cameroon are directed by Jacobinism and provide a central place for power which is exercised to achieve state-led initiatives. Such constitutions contrast with those in which the place of power remains unoccupied, with checks and balances ensuring that strong institutions of power control and complete each other. 

Apr 1, 2012

RDPC, le monstre en bout de course

(contribution bénévole à la fête du 24 mars)


Par Ghonda Nounga et Faustin Cabral Bekolo


Dans une interview reprise par divers fora kamerunais à la veille du dernier congrès du RDPC, M. Tobie Ndi récidive et rêve à nouveau de remplacer M. Paul Biya à la tête de leur parti. Et il dit, à haute et intelligible voix (oh le téméraire !), que son parti doit «devenir ce véritable cadre de débats où l'on pense plus que l'on ne danse, afin de recouvrer véritablement son rôle de force de proposition, d'évaluation et d'autocritique dans l'accompagnement du pouvoir dont les responsables sont issus de ses rangs. Enfin, il est temps de dessiner les options d'une relève au sommet du parti. » Surprenante lucidité dans une organisation où l’on danse davantage qu’on ne pense ! (Dixit le chef même du parti). 

Nov 15, 2011

La nécessaire clarification

Par Abanda Kpama
Président National du MANIDEM

L’Histoire se répète. Le tir groupé des partisans du régime néocolonial, des intellectuels petit-bourgeois et curieusement, de certains partis politiques autoproclamés progressistes et dont l’activité aujourd’hui se réduit à l’invective et à la sortie de communiqués dans les journaux, ce qui cache mal leur inertie et leur immobilisme, ce tir groupé contre les partis politiques ayant participé à la dernière élection présidentielle, ressemble fort étrangement à la situation qui a prévalu après les assassinats de Um Nyobe en 1958 et de Ouandié en 1971.

Aug 30, 2011

1890 - 2011: L'Eglise catholique au Cameroun - Histoire d'une interminable homélie pour la paix des forts*

par Alain Blaise Ngono

Il y a quelques semaines, la presse se faisait l'écho d'une Lettre pastorale des évêques du Cameroun à l'occasion de l'élection présidentielle de 2011. Dans cette position officielle de l'église, celle-ci a fait un certain nombre de recommandations aux différentes strates sociopolitiques camerounaises (autorités, hommes politiques, fidèles, médias, citoyens, etc.).

Aug 10, 2011

Alternance : Le Manidem propose une transition de trois ans

Ive Tsopgue

http://www.camnews24.net

Le programme politique, économique, culturel et social du Manidem propose une période de transition politique qui devra permettra à notre pays de se doter d’institutions fiables avant l’organisation d’élections crédibles. « Pour marquer notre attachement à la voie démocratique de prise de pouvoir, nous avons désigné notre candidat à l’élection présidentielle, le camarade Ekane, annoncé que nous participerons aux élections législatives et municipales et avons invité les Camerounais à s’inscrire en masse sur les listes électorales.

Jun 22, 2011

Après le déluge

Par Stéphane Akoa

La
diversité est un facteur essentiel, à la fois pour l'ouverture d'une société aux approches, aux créativités, qui font le monde autour de nous et aussi, également, nécessairement, notre monde, notre communauté nationale, retenue dans les limites d'un espace, ce cher-pays-berceau-de-nos-ancêtres-et-de-Manu-Dibango… La diversité, car elle dit notre héritage multiculturel, est un principe de réalité.

May 19, 2011

Le Kamerun à la croisée des chemins

Par Jean-Emmanuel Mpouma

Le Kamerun se trouve aujourd’hui dans une situation que nous pouvons qualifier de pré-révolutionnaire. En effet, les contradictions internes du système semblent avoir atteint un niveau de développement tel qu’il devient de plus en plus évident pour tout observateur quelque peu sérieux, qu’il ne sera bientôt plus possible ni aux forces conservatrices de Monsieur Biya de gouverner le pays comme auparavant, ni aux masses populaires de continuer à accepter d’être dominées de cette manière.

May 3, 2011

Kamerun : l’Etat fascisant

Par Ghonda Nounga

La répression exagérément brutale des émeutes de février 2008, qui indiquaient clairement le rejet du régime de M. Biya par les populations kamerunaises, a montré au grand jour la nature essentiellement violente d’un Etat qui, depuis la fin des années de braises (1990-1994), affichait un visage faussement débonnaire. Nous en étions, jusqu’en ce fameux mois de février 2008, à une dictature “molle” (ou “conviviale”, selon le mot d’Anicet Ekane). Et nous en sommes à nouveau, comme aux temps d’Ahidjo, à des formes plus rigoureuses de violence physique, et de harcèlement idéologique et psychologique.