Oct 18, 2011

Lettre ouverte aux petits criticailleurs crypto-rdépécistes

par Ghonda Nounga

Je lis beaucoup de verbiage sur divers fora kamerunais, de la part de personnes qui, bien à l’abri derrière leurs écrans en matière plastique, prennent les militants et dirigeants de l’opposition pour des connards, des arriérés mentaux, des analphabètes de la chose politique, etc., eux-mêmes étant, bien entendu, de grands génies. Si l’on est si génial dans la chose politique, pourquoi laisser son peuple continuer à souffrir en se contentant de ricaner et d’admonester derrière un clavier d’ordinateur ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il était indispensable d’aller à cette élection, pour des tas de raisons dont la revue Alternative révolutionnaire s’attèlera à énumérer certaines dans un numéro à venir !

Par exemple, l’un des instruments de perpétuation de la dictature de Paul Biya et de ses complices, c’est l’immobilisation de toute vie, y compris (et surtout) politique. Cet immobilisme politique se traduit, au niveau administratif, par la fameuse inertie (dont Biya ne voit que des poches alors que celle-ci est systémique à sa dictature). La dernière élection est en train de faire bouger les lignes, et va certainement mettre à mal l’immobilisme mentionné ci-dessus.

Certains partis d’opposition travaillent à installer ce pays, désormais, dans un état de scrutin permanent. Et le pouvoir de Paul Biya s’en inquiète fort ! Si les criticailleurs daignent prendre la peine d’y réfléchir, ils verront facilement ce que ça veut dire.

Autre chose : se plaindre de ce que les partis de l’opposition ne se sont pas unis avant mais seulement après le scrutin est une bizarrerie sans nom. Le fait même de formuler cette exigence est une accusation véhémente contre le système et la dictature de Biya. Car, si ce système était équitable pour tous, quelle nécessité y aurait-il de rechercher une union de l’opposition ? Au lieu donc de s’en prendre au dictateur Biya, les criticailleurs se rabattent trop facilement sur l’opposition, faisant ainsi de la victime le coupable. Bientôt, on demandera aux autres équipes de foot de notre pays de s’unir en une seule entité pour détrôner Cotonsport de la tête de notre championnat !

Pour terminer. Quelle est cette manière d’assister en spectateurs au processus de libération de son propre pays, critiquant, avec une équidistance parfaitement illusoire, le dictateur et ceux qui tentent de nous libérer tous ? N’est-il pas grand temps de prêter une grande attention aux propos de ceux qui, y compris au sein de la diaspora kamerunaise, demandent à juste titre de soutenir les actions actuelles de l’opposition, ET DE LE FAIRE SAVOIR. ?

Et j’en lis qui racontent que les opposants (sans distinction) sont allés aux élections pour les 30 millions de FCFA de frais de campagne. Qu’est-ce que les criticailleurs savent des sacrifices des militants du SDF, du MANIDEM, de Kah Wallah, de l’AFP, etc. ? Que représentent 30 millions pour une campagne électorale au niveau national ?

2 comments:

  1. célestin LINGO11/20/11, 3:33 PM

    Cotonsport est une équipe COMME LES AUTRES. Ce n'est pas lui qui fixe les règles du jeu, ce n'est pas lui qui nomme les arbitres et les commissaires des matches, ce n'est pas pas lui qui établit le chronogramme, etc.Alors que les règles, le fonctionnement AVANT, PENDANT et APRES les élections, tout est dicté par BIYA et Son régime.
    Les système électoral n'est donc pas EQUITABLE; il est fait POUR FAIRE GAGNER l'organisateur. Et c'est connu DEPUIS TOUJOURS.
    Alors, ou nous luttons ENSEMBLE AVANT, comme le fait l'opposition en Afrique de l'Ouest, pour réformer ce système et le rendre équitable, ou nous refusons ENSEMBLE, en cas de refus, de prendre part au massacre. Mais où allons-nous laisser la corruption qui utilise notre égocentrisme excessif ?

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  2. Célestin,

    Si j'ai pris l'exemple de Cotonsport, c'est pour montrer, de manière « palpable », l'inversion des responsabilités qui dissimule, volontairement ou involontairement, la réalité suivante : la nécessité pour l'opposition de faire front commun signifie, avant tout, que les règles du jeu sont faussées par le système de M. Biya. Le fait que l’opposition ne se soit pas unie pour le 9 octobre ne doit pas cacher cette réalité incontournable, qui justifierait à elle seule un déchainement de la colère de notre peuple.

    Mais qu’entend-on ? Des Grégoire Owona se moquent de l’opposition en arguant de ce qu’elle n’a pas pu s’unir. C’est peut-être la faute aux Juifs si Hitler les a envoyés en camps de concentration et en fours crématoires ? Ce syndrome qui transforme la victime en coupable a un nom (dont je ne rappelle malheureusement pas maintenant).

    Pour ce qui concerne la question même de l’unité de l’opposition, c’est tout un autre sujet dont on pourrait parler.

    Mes salutations à toi.

    Ghonda Nounga

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